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Interview de Bruno Carraz, D-G Cartier Export

Alexandre Hawari de Oct 12, 2012 - 08:42 dans Economie

Bruno Carraz, directeur général de Cartier Export, est notamment en charge du marché marocain pour la Maison Cartier. Rencontre…

Propos recueillis par Samir Sobh

Le marché marocain a été considéré par Bernard Fornas, le président-directeur général de Cartier, comme le plus prometteur dans la région du Maghreb pour les produits Cartier. Cette appréciation est-elle la même aujourd’hui ?

Le Maroc reste aujourd’hui notre marché numéro 1 dans la région du Maghreb. Nous avons été précurseurs avec l’ouverture d’une première boutique en 2004 à Casablanca et en 2009 à Rabat. Cela nous a permis de nous établir comme la référence du luxe dans le royaume.

Avec l’ouverture de ces deux boutiques Cartier à Casablanca et à Rabat, avez-vous encore l’intention d’élargir votre éventail en visant Marrakech et les autres grandes villes du Royaume ? Où en sont vos projets dans le pays ?

Nous étudions régulièrement des projets sur Marrakech, qui doivent répondre à un cahier des charges très précis pour l’ouverture d’une boutique. Nous n’avons pas trouvé à ce jour de lieu répondant parfaitement à nos exigences, mais notre histoire nous a appris à être patient.

Quels ont été les effets de la crise financière internationale, de la zone euro et du printemps arabe sur les activités de Cartier au Maroc, en termes de chiffre d’affaires et de volume de la clientèle ? Pouvez-vous nous donner des précisions à ce sujet ?

Depuis sa création en 1847, notre Maison a traversé les guerres, les différentes crises économiques et financières. La crise a été pour nous l’occasion d’être encore plus créatifs. L’important est de toujours se préparer au pire avant qu’il n’arrive. Les clients concentrent aussi leurs achats dans ces périodes sur des valeurs sûres comme peut l’être la Maison Cartier. Dans ce contexte, notre activité au Maroc et dans les autres régions du monde a donc continué à se développer.

Le Maroc voit, depuis quelques années, l’installation de boutiques de grandes marques de montres de luxe et de bijouterie aux côtés de Cartier… À combien estimez-vous la part du marché marocain, en comparaison avec vos principaux concurrents ?

Nous sommes très heureux de voir que nos concurrents s’intéressent au marché marocain. La présence d’un environnement concurrentiel est une très bonne chose, mais, dans l’univers du luxe, la prime revient aux premiers.

En dépit des contraintes dues à la conjoncture, Cartier continuera-t-il à introduire ses nouvelles créations au niveau du secteur des montres et de la bijouterie sur le marché marocain ? Ou bien le groupe révisera-t-il sa vision dans ce domaine ?

Nous ne changerons pas notre stratégie dans ce domaine, mais nous poursuivrons plus de cent soixante-cinq ans d’histoire qui font la particularité et la force de notre Maison. L’audace, la tradition, l’innovation et le souci du détail sont les fondements de l’esprit Cartier. La 26e Biennale des Antiquaires, qui a lieu en ce moment au Grand Palais à Paris, en est une parfaite illustration avec la présentation de la collection de haute joaillerie « Dépaysement ». Cette collection, composée autour de quatre paysages – luxuriant, urbain, solaire, boréal – comprend cent quarante-huit créations, dont douze objets précieux et cinq montres de haute joaillerie.

Cartier envisage-t-il une implantation dans les années à venir en Tunisie et en Algérie ? Que pensez-vous de ces marchés ?

En Tunisie, nous sommes confrontés au problème de l’importation de l’or. Nous attendons que les contraintes douanières évoluent pour accélérer notre développement. En Algérie, nous avons un seul représentant pour l’horlogerie, mais ces deux marchés devraient représenter à court terme un potentiel équivalent à celui du Maroc.