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Qatar-France : Des intérêts mutuels

Alexandre Hawari de Août 7, 2012 - 09:28 dans International

Nicolas Beau, rédacteur en chef du magazine Marianne et ancien du Canard enchaîné est l’auteur du livre La Régente de Carthage.
Par Pierre FAUCHART

Après l’échec de l’ami du Qatar, le président Nicolas Sarkozy, comment voyez-vous l’avenir des relations avec les socialistes ?Je pense qu’il n’y aura pas de changements significatifs au niveau des relations entre le Qatar et la France avec l’arrivée de François Hollande. Car les relations extérieures sont des constantes pour la France et les liens sont bâtis d’abord sur les intérêts mutuels. De plus, Hollande et son gouvernement ont besoin d’investissements en cette période. Cela dit, il poursuivra la route de son prédécesseur, malgré les déceptions des Qataris vis-à-vis du groupe Lagardère qui a perdu trop d’argent, idem pour Vinci.

Donc, selon vous, les relations avec François Hollande seront bonnes ?
À mon avis, les Qataris ne tarderont pas à s’entendre avec la gauche. Dans ce contexte, il faut prendre en compte le fait que des groupes français importants sont sur d’énormes projets à Doha, comme la Cité ultramoderne, les installations relatives à la Coupe du monde de 2022 ainsi que dans le domaine de l’énergie. Il s’agit précisément de Bouygues, de Vinci et de Total. Parallèlement, la Qatar Investment Corporation (QIA) a des participations dans plusieurs grands groupes français. À cela s’ajoute maintenant le lancement de la chaîne Al-Jazeera Sport, concurrencée par Canal + et M6. Hollande, tout comme Sarkozy, a opté pour Al-Jazeera.

Quels sont les indices de la continuité avec François Hollande ?
En premier lieu, la décision prise par le maire de Paris, le socialiste, Bertrand Delanoë, concernant l’affaire de l’hôtel particulier de l’île Saint-Louis, classé monument historique. Delanoë a fini par céder ce patrimoine aux Qataris.
Autre indice significatif, les rencontres régulières et discrètes, de décembre dernier jusqu’à la présidentielle, entre l’ancien porte-parole de Hollande et actuel ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, et l’ambassadeur du Qatar en France, Hamad al-Kawari, un homme du Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et patron de la QIA, cheikh Hamad ben Jassem ben Jaber al-Thani. De plus, les Qataris ont sauvé de la faillite la principale entreprise du département de Corrèze, fief de Hollande et de Chirac, Le Tanneur, filiale du groupe LVMH.